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N’enterrons pas l’argentique

canon-ae1-fujifilm

Ce serait un peu rapide effectivement d’enterrer l’argentique sous prétexte que le numérique est de qualité équivalente, moins onéreux, plus pratique, etc. J’en passe et des meilleures. Il serait dommage de céder au tout numérique sous prétexte de modernité à tout prix. D’autant que je n’arrive pas à me dire que l’un remplace l’autre.

Si je pense à la façon dont j’abordais la photo à l’époque du tout argentique et que je la compare à mon approche numérique, je me rends compte que ça n’a rien à voir.
Avec une pellicule, je réfléchissais davantage mes photos, je posais plus mes prises de vues, évaluais la lumière, le cadrage. Tout se calculait plus attentivement.
Avec la carte mémoire, j’y vais plus à l’instinct, je shoote en rafale, je multiplie les essais, même les plus invraisemblables, faisant parfois fi des règles photographiques que j’ai apprises.

Pourquoi une telle différence de comportement ? Parce qu’une pellicule, ce sont 24 ou 36 poses seulement à prendre, à développer et à tirer avant d’en voir le résultat. Avec le numérique, c’est plusieurs centaines de photos, avec la possibilité d’en supprimer, de vérifier le résultat tout de suite et de récupérer ses erreurs en post production de manière assez incroyable avec Photoshop et Lightroom.
Alors oui, l’argentique est une approche de la photographie si différente de celle du numérique qu’elles méritent de coexister. La première me semble appartenir désormais plus au domaine artistique alors que la seconde est plus immédiate, moins contraignante, plus flexible et facilite l’usage quotidien de l’appareil photo. C’est comme comparer un arrosage au pistolet-mitrailleur et un tir de sniper.

Pour tout avouer, j’ai un appareil photo numérique depuis 1998, mais il a pris le dessus sur mes appareils argentiques que quelques années plus tard et, finalement, mes Canon AE-1, Big Mini, Rolleiflex, Zeiss Ikon et autres toy cameras ont commencé à se recouvrir de poussière.
Aujourd’hui, j’éprouve le besoin de revenir à ces sensations perdues. J’ai ressorti l’AE-1, son 50mm Canon et un 28mm Tokina. Je lui ai mis une pellicule Fuji périmée depuis 1997 dans le ventre, histoire de voir ce qui va en sortir. J’ai 2 autres pellicules différentes, également périmées depuis 12 ans, pour m’amuser et 40 Fujichrome Sensia 200 et 400 ISO pour faire tout un tas de crossprocess. Il faut dire que j’ai eu ce petit stock pour le prix de 8 péloches. Pas de raisons d’hésiter !
Alors bien sûr, il va falloir que je m’arme de patience avant d’avoir les résultats, mais à la clef, autant de plaisir qu’un bon mix avec des vieux vinyles… tiens, il m’en reste quelques un qui traînent dans un coins.

 

Laisser un commentaire - Publié le 28-10-2009

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Commentaires :

  1. Rémi a écrit, le 28 octobre, 2009:

    Salut !
    Marrant ce poste. Je viens justement d’acheter un Hasselblad 500CM dans le but de faire de l’argentique. J’ai déjà un Minolta XD7 qui fonctionne souvent et je me régale. L’argentique ne va jamais mourrir, il sera toujours là chez les puristes.

    Amuse toi bien avec tes pelloches, même si il me semble que la Sensia encaisse très mal le traitement croisé ( la Velvia le gère mieux je crois, faudrait voir les courbes … ).

  2. Nicolas Gut a écrit, le 28 octobre, 2009:

    merci pour ton commentaire et enjoy ton Hasselblad, c’est une merveille !
    Par contre, la velvia est réputée pour son contraste élevé et ses couleurs qui pètent, notamment le rouge. Je ne sais pas quel serait le résultat en crossprocess. Je vais me renseigner…

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